Expertise

« La confiance parentale se construit dans le dialogue, pas dans l’injonction à faire parfaitement » : intervention de Bernard Tranchand à une conférence organisée par Sarah El Haïry, Haute-Commissaire à l’enfance

La haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, a lancé, en septembre 2025, un nouveau cycle de rencontres intitulé « Enfance en débat ». Ces rendez-vous invitent à nourrir une réflexion collective sur les enjeux contemporains liés à l’enfance. C'est dans ce cadre que le Président de l'Unaf, Bernard Tranchand, a été invité à intervenir le 6 janvier 2025, sur le thème « Soutenir les parents pour mieux accompagner les enfants ».

La haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, a lancé en septembre 2025, un nouveau cycle de rencontres intitulé « Enfance en débat ». Ces rendez-vous invitent à nourrir une réflexion collective sur les enjeux contemporains liés à l’enfance. La conférence organisée le 6 janvier dernier a été ouverte par la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie Rist. C’est dans ce cadre que le Président de l’Unaf, Bernard Tranchand, a été invité à intervenir sur le thème « Soutenir les parents pour mieux accompagner les enfants », aux cotés de chercheurs, professionnels, associations, entrepreneurs et acteurs de terrain.

Voici les extraits de son intervention publiés par le Haut Commissariat à l’Enfance : « Pour l’Unaf, les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants. Toute politique de l’enfance devrait ainsi débuter par une interrogation centrale sur les moyens de renforcer la confiance parentale, condition préalable à l’exercice serein de la parentalité.

Dans une société traversée par de multiples injonctions, qui tend à idéaliser l’enfant, sa réussite et
son parcours, cette représentation d’un « enfant roi » contribue paradoxalement à fragiliser les
parents. Cette idéalisation crée une situation d’incertitude et de perte de repères, dans laquelle la
relation éducative se trouve déplacée d’une logique d’accompagnement et de lien vers une logique
de performance et de crainte de mal faire. Le stress parental prend alors le pas sur la confiance et
l’ajustement affectif, renforçant le besoin d’un accompagnement structuré et accessible.
La nécessité de créer des espaces de dialogue apparaît comme un enjeu majeur. Ces espaces doivent
permettre l’expression des doutes, des questionnements et des expériences éducatives, afin de
rompre l’isolement parental et de normaliser les difficultés rencontrées.

Le tissu associatif joue à cet égard un rôle essentiel, avec un réseau de plus de 8 000 associations
présentes sur l’ensemble du territoire. Les préoccupations liées au numérique occupent une place
croissante, près de la moitié des parents se déclarant extrêmement inquiets sur ce sujet.


Les peurs parentales, lorsqu’elles ne sont pas accompagnées, tendent à se transmettre aux enfants,
soulignant la nécessité de disposer d’outils de compréhension et de médiation. Les cafés des parents
et les lieux de transmission entre pairs apparaissent comme des leviers particulièrement pertinents,
en favorisant l’échange d’expériences et la circulation de solutions entre parents.

La restauration de la confiance parentale constitue un objectif transversal, indépendamment des
origines culturelles ou du niveau de formation. Tous les parents ont besoin de se sentir légitimes et
soutenus dans leur rôle éducatif.

Enfin, un enjeu complémentaire concerne l’articulation entre parentalité et vie professionnelle.
Lorsque les parents expriment le besoin d’exercer pleinement leur rôle parental, l’entreprise peut
constituer un acteur de soutien, notamment par une plus grande souplesse dans l’organisation du
temps de travail et une meilleure prise en compte des équilibres de vie ».

Compte-rendu de la conférence

Conférence à visionner